Voeux 2026 de Jean CLAVERY, Président de l’ACSRV

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Bonjour à tous.

 

Et merci d’être là. Pour une association comme la nôtre qui a pour raison d’être le développement du lien social, le fait que vous soyez venus nombreux aujourd’hui, pour entretenir ce lien entre nous, est déjà un signal positif. Et ça tombe bien parce que, des signaux positifs, nous en avons plus que jamais  besoin.

 

Sans m’étendre sur l’état actuel du monde, je constate quand même qu’il évolue depuis quelque temps dans une direction plutôt opposée à celle de nos valeurs. Sur le plan international, c’est la loi du plus fort qui occupe chaque jour un peu plus le devant de la scène. Et, dans notre bonne société française et occidentale, chacun aura remarqué l’anxiété ambiante qui favorise le repli sur soi, exacerbe les frustrations et déchaîne les oppositions. Dans cet univers assombri, le dialogue peine à faire entendre sa voix, au milieu des radicalités bruyantes qui se disputent – souvent violemment – l’espace médiatique. La vérité a tendance à laisser sa place à l’opinion, et la désinformation devient l’instrument privilégié de la conquête du pouvoir.

 

Face à ce retour du côté obscur de la force, nous sommes, en tant qu’acteurs de l’éducation populaire, plus que jamais déterminés à privilégier la coopération plutôt que la compétition. Et, dans cette perspective, à développer des projets collectifs ambitieux à partir des orientations de notre projet associatif.

 

C’est bien sûr le chemin sur lequel nous avons continué à avancer en 2025.

 

En soutenant l’engagement des jeunes dans des actions de solidarité intergénérationnelle, de coopération internationale ou d’accès à la citoyenneté.

  • En luttant contre la fracture numérique et la crise écologique, par exemple avec le projet Centre Sociaux en Transition.
  • En poursuivant notre inscription dans l’économie sociale et solidaire, à travers le développement des épiceries sociales de Douchy et Marly, le soutien à l’entreprise à but d’emploi BarakaJobs, ou encore l’inscription dans le collectif d’entrepreneurs sociaux PHARE.
  • En continuant à étoffer notre dispositif d’accueil de la petite enfance avec l’agrandissement des deux crèches de Denain et le lancement de l’équipe mobile de Marly.
  • En développant l’éducation aux médias grâce à un partenariat avec l’École Supérieure de Journalisme de Lille.
  • En animant des espaces de formation, de réflexion et de décision avec nos bénévoles.
  • En réfléchissant avec les salariés de l’association sur les conditions de leur bien-être au travail.
  • En mobilisant ces mêmes salariés et bénévoles autour du thème de la citoyenneté partagée, à propos de laquelle nous vous inviterons bientôt à un après-midi d’information et d’échanges.
  • Et aussi à travers mille autres projets passionnants, comme l’animation d’un fabuleux terrain d’aventures estival qui a énormément plu aux habitants du quartier Chasse Royale, en août dernier.

 

Œuvrer pour la cohésion sociale et la réduction des inégalités sont ainsi quelques uns des idéaux qui guident nos pas, à travers la réalisation de tous ces projets. Mais combien de temps pourrons-nous encore proposer ces leviers d’émancipation et de partage aux habitants qui les font vivre avec nous ?

 

Car, depuis plusieurs années, et malgré nos alertes répétées, la situation du monde associatif se dégrade dangereusement, éprouvant la résilience de ses acteurs jusqu’à des limites qui ne peuvent être indéfiniment repoussées. En 15 ans, la part des subventions accordées aux associations a baissé de 41 %. Un tiers d’entre elles a revu ses activités à la baisse pour survivre, et certaines disparaissent. Pour notre société, cela signifie moins d’engagement citoyen, moins d’attention portée aux plus vulnérables, moins de capacité à inventer l’avenir et, au final, moins de cohésion sociale. Alors, comme le rappelle à juste titre une récente alerte du Conseil Économique, Social et Environnemental, « renforcer le financement des associations est une urgence démocratique ». D’où, pour ce qui nous concerne, la participation de l’ACSRV aux mobilisations collectives de janvier et octobre derniers à Lille.

 

Car, oui, nous sommes entrés en résistance. Parce que, comme disait Victor Hugo, « ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ».

Et nous luttons sur plusieurs fronts.

  • D’abord sur le front de de la gestion des moyens, que nous optimisons, avec les armes de la sobriété budgétaire, des réorganisations nécessaires et des mutualisations possibles ; ce que nous avons notamment fait cette année en trouvant une alternative à l’emploi d’un directeur financier.
  • Sur le front des projets ensuite, auxquels cette gestion attentive et prudente nous permet de conserver un caractère audacieux.
  • Sur le front des valeurs aussi car, en ces temps troublés – et surtout quand des échéances électorales exacerbent les luttes d’influence, nous comptons bien porter haut celles qui fondent notre raison d’être.

 

Ces défis, nous continuons à les relever avec enthousiasme, mais nous savons que leur succès dépend grandement de la qualité de nos alliances. Alors, merci à vous, partenaires institutionnels qui nous accordez votre confiance. Et surtout, n’en doutez pas, pour continuer à construire ensemble les réponses aux attentes des habitants de ce territoire malgré les contraintes que nous connaissons, le maintien d’un haut niveau de soutien de votre part est absolument vital.

 

Comme son nom l’indique, l’ACSRV est une association. Elle l’est par son statut, mais elle l’est davantage encore par la force et le dynamisme des 10 600 adhérents qui la composent et des 700 bénévoles qui lui ont consacré pas moins de 39 000 heures de leur temps en 2025. Avec ses 15 centres sociaux – sur les 20 que compte l’arrondissement – plus ses services transversaux, elle est une association qui compte dans le paysage valenciennois. De surcroît, avec 12 millions € de budget et plus de 300 salariés – dont 135 en CDI -, elle est aussi une entreprise d’envergure conséquente.

 

Pour autant, la nature profonde qui fonde l’identité de l’ACSRV est à rechercher au-delà de ces habillages commodes. Parce que les missions de cohésion sociale qui lui ont été confiées par la Caisse d’Allocations Familiales voici bientôt 60 ans – et que cette dernière continue à orienter -, positionnent surtout notre regroupement comme acteur de politiques publiques. Un acteur sous statut privé, certes, mais dont les centres sociaux qui le composent, depuis le cœur de la société civile, sont autant de relais citoyens, inscrits dans les dynamiques territoriales d’un projet républicain plus vaste.

 

Alors, si d’aucuns étaient tentés de ne nous regarder qu’à travers le prisme d’une offre de loisirs et autres services – au demeurant fort riche -, qu’ils veuillent bien effectuer une salutaire mise à jour (ou frapper à d’autres portes). Nos partenaires publics les plus fidèles savent bien, eux, que nous ne sollicitons pas d’aide pour nous-mêmes, mais pour participer avec eux, localement, à l’instauration du meilleur des vivre ensemble possibles.

 

Merci donc à vous, chers représentants de la CAF, de l’État, de la Région, du Département, de nos communes et communautés d’agglomération. Sans vous, nous ne serions rien.

 

Merci à vous, les associations amies avec qui nous montons des actions communes. Grâce à vous, ces projets ont plus d’ambition.

 

Merci à vous tous, bénévoles, salariés et cadres de direction qui continuez jour après jour à faire de nos centres sociaux des lieux essentiels de solidarité, tolérance, démocratie et pouvoir d’agir. Des espaces de respiration, terres d’accueil bienveillantes où l’on reçoit sans condition, où l’on écoute sans juger et où l’on agit avec – et pas seulement pour – les habitants de tous âges lorsque, ensemble, ils viennent y tisser des liens, penser l’avenir, et donner du sens à l’action collective.

 

Je voudrais, à ce propos, rendre hommage à la mémoire de notre ami Pascal, arraché brutalement et bien trop tôt à l’affection de ses proches et à notre amitié. Pascal, dont l’engagement militant a laissé une empreinte indélébile dans le cœur de ceux qui ont eu la chance de croiser son chemin au centre social AGATE d’Escautpont, dont il aura longtemps été le directeur.

 

En 1968, Jacques Brel souhaitait à son public « de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque (…) en ne renonçant jamais à la recherche, à l’aventure, à la vie et à l’amour ».

 

Et bien, en ce 22 janvier 2026, et pour la traversée des prochains kilomètres de vos vies personnelles, familiales, amicales, professionnelles et militantes, je vous souhaite, pour ma part, une année de confiance et d’audace, une année d’espoir et de partage.

 

Je vous souhaite de toujours savoir vous émerveiller. Parce que l’émerveillement mène à la bienveillance, la bienveillance au respect, et le respect à l’action. Et puis parce que, comme le dit le réalisateur du film « Le Chant des Forêts », Vincent Munier, « s’émerveiller, c’est du carburant pour résister ».

 

Alors, je vous souhaite de résister en restant solidaires ; et aussi en prenant soin de la culture, parce que la solidarité et la culture sont des moteurs puissants pour que ce qui rassemble soit plus fort que ce qui divise.

 

Je vous souhaite de nombreux et intenses moments de joie, d’enthousiasme et de convivialité sur la route des dynamiques collectives et des réussites partagées.

 

Je nous souhaite à tous une super année 2026 !

Jean CLAVERY,

Président de l’ACSRV

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